Puerto Supe (suite)
Qu'est ce qui m'a déplu ?
Ce ne sont pas tellement les conditions matérielles, même si je trouvais ça limite admissible.
La grosse question de toutes les vacances : Qu'est ce qui est acceptable, tolérable, et qu'est ce qui ne l'est pas, sachant que nous sommes au Pérou, un pays pauvre ??????
Pour moi ça devient critique quand ça touche à la sécurité des enfants (ex : pas de surveillants de baignade et les 2/3 des animateurs qui ne savent pas nager (ce que j'ai appris la dernière semaine…….) ou à l'hygiène (ex : les problèmes d'eau ne nous ont pas toujours permis de se laver ou de laver régulièrement les WC).
Surtout j'étais là en fait à regarder les choses avec recul, "de l'extérieur", parce que tout ça me dépassait et surtout parce que je savais que j'avais un regard de française, d'un pays où tout est hyper contrôlé, normé, sécurisé, etc… et que je voulais être "ouverte" à la manière de faire péruvienne (mais en sachant au fond qu'en fait ça n'était pas du tout péruvien puisque le Padre est italien et que les autres volontaires plus "responsables" étaient brésilien et italiens).
J'étais un peu déconcertée, je me sentais impuissante.
Jusqu'où cautionne-t-on ce à quoi on participe ? Jusqu'où se laisse-t-on influencer par une relation de pouvoir ?
J'étais mal à l'aise.
Je n'étais pas d'accord avec les manières de faire, avec la conception de base de ces vacances. Il me paraissait complètement absurde et irraisonné (dans ma vision et logique de française) d'envoyer 66 enfants (en plus la capacité avait été donnée jusqu'à 80…) de 5 à 15 ans (même si au départ c'était plutôt de 6 à 12 ans) pendant 5 semaines avec un nombre d'animateurs non déterminé précisément ni "officiellement" jusqu'au dernier moment, avec un temps de préparation floue, "informel" (après avoir ramé une 10aine de jours pour commencer à préparer, les choses ont commencé à bouger 2 jours avant). Il me paraissait beaucoup plus important de faire de la qualité que de la quantité.
à suivre...